Le Blog de Shauni81

07 février 2012

Evidemment, après 4 mois de rien ...

Vous vous doutez bien que c'est fini. Pas le temps, en plein BTS, puis mon groupe et mon taf en parrallèle chez RADIOM, puis je suis fatigué de relancer quarante fois des come-backs qui n'aboutissent à rien, j'ai juste plus des masses la gnake pour ce blog. Plus la peine de laisser des commentaires, je ne les vérifierai plus.

En tout cas, je remercie tous les gens qui ont suivi ce blog, que ce soit Koamae, Borat, EelsOliver (Ou Alice in Oliver), Clash, et les autres (car j'en oublie!), et si vous avez encore envie de chroniques, vous pouvez toujours écouter Ciné 404 sur RADIOM, une chronique radiophonique aux alentours de 23h le vendredi. (ATTENTION : en ce moment, la radio est en stand-by (pas pour longtemps espérons), mais vous pouvez toujours écouter les podcasts ici! ) puis pour ce qui est de la musique, vous avez toujours XPerimental sur la même antenne (Podcasts ici! ).

Ca a été une super expérience pour moi, ça m'a permi de développer un certain sens critique et également, de rencontrer des gens super pour débattre! Merci à tous, à la prochaine!

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28 septembre 2011

Melancholia

Kristen-Dunst-Melancholia

Justine se marie. Mariage de grande classe organisé par sa soeur Claire et son beau-frère John. Tout le monde est heureux, se sent bien. Sauf Justine. Et sa mère. Elles ont l'air indifférentes. Voire tristes. Pendant ce temps, une planète, Melancholia, se rapproche de la Terre ...

SPOILERS DE TA RACE!!!

"- Allez, encore un Von Trier ...

- Quoi?

- Epargne ton énergie, on sait comment ça va se passer, tu vas l'encenser dans un article super long, puis tu lui foutras une note autour de 19 ... c'est tellement prévisible ... à chaque Von Trier, c'est la même. T'as même adoré Le Direktor! Franchement, je vois pas l'interêt ...

- Déjà, excuse-moi, mais j'ai n'ai mis que 12 aux Idiots quand même. Deux, bien que Le Direktor ne soit pas le must absolu du cinéma, j'ai adoré son humour décalé et imprévisible, et le style totalement mécanique du montage est assez drôle en elle-même  ... puis bon, j'aime beaucoup le style à Von Trier, c'est pas de ma faute ...

- Ouais, mais à force, c'est relativement relou. En plus, celui-là, tout le monde l'aime, les critiques sont au taquet, tu ne seras qu'un mouton de plus ...

- Les critiques peuvent avoir raison parfois ...

- Peut-être mais quel est l'interêt d'en faire un de plus?

- Parce que celui-là, de Von Trier, est à l'opposé du reste!

- Pardon? Caméra qui gigote, plusieurs parties, drame psychologique, intro avec extrême ralenti ... ça te rapelle rien?

- Antichrist ... rien à voir. OK, l'intro m'y a fait penser, et j'ai eu peur, mais ce film est un Anti-Antichrist total. Déjà, la violence n'est pas graphique du tout, il n'y a qu'un seul plan de nu frontal (En plus, absolument classe), les personnages sont moins agressés physiquement ... il n'y a pas dans Melancholia la partie plus "organique" que tu peux avoir dans Antichrist. Ce film-là est beaucoup plus ancré dans le spirituel, alors que dans le précédent, il était plus dans le mystique. Il nous parle du coup de théâtre absolu : la fin du monde. Tu n'as pas plus désarmant comme situation. Rien ne peut t'empêcher d'y échapper, ce n'est même pas la peine de hurler ton désespoir car ca ne mène à rien, ce n'est pas la peine de préparer un rituel, car ca ne mène à rien : c'est le nihilisme dans son essence : rien ne vaut plus la peine de rien, tout le monde meurt, point barre.

- Donc Melancholia est un film spirituel? C'est toi qui es spirituel! On a les mêmes ingrédients formels, et ses films sont comme ça depuis Breaking The Waves! Von Trier a un style qui date de 1995, et rien ne le fait dévier. On est toujours dans son "je fais du dogme mais bon, je le renie un peu donc je fous des plans très très très pompeux à l'intérieur" (A l'exception peut-être du Direktor et des Idiots), où est l'imagination?

- Alors là, tu te goures, la nette différence entre Antichrist et Melancholia au niveau formel (Et à fortiori tous les films que tu as cités), c'est que même les images en caméra portée sont magnifique. La photographie est absolument géniale, et pourtant, je trouvais déjà celle d'Antichrist formidable. Ce n'est plus Dod Mantle qui la fait, mais c'est pas grave, Manuel Alberto Carlo signe quelque chose de grand. C'est capté avec une caméra portée et l'image n'est pas moche. On se rapproche de plus en plus d'un point de vue réel! C'est foutrement balaise, ça!

- Bon ... admettons, mais ce qu'on constate aussi avec ce film, c'est que Von Trier n'est pas bien dans sa tête. Je veux dire ... merde! Ces films sont de plus en plus torturés, les personnages qu'il crée sont d'une tristesse inégalable, et pas dans le sens où ils sont émouvants, non, dans le sens où ils en chient éperdument! C'est presque cruel de sa part! Regarde Björk, elle a été traumatisée par le tournage de Dancer In the Dark!

- Ouais, Von Trier souffre peut-être d'un trouble émotionnel. En tout cas, il en a l'air. T'as qu'à le voir à la conférence de presse, c'est suffisament éloquent, ses mots sont dispersés, il a l'air perdu dans ses propres pensées, oui ... et il le partage dans ses films. Bon. Mais il se trouve que dans Melancholia, il compare la mélancolie à la fin du monde. Dans un certain sens, Justine est à son mariage comme si elle savait que la fin du monde était proche (Ce qui semble vrai si l'on en croit le film), ses actes n'ont plus réellement de sens, elle se pert totalement. Finalement, l'évènement du film ressemble à l'évenement de la conférence de presse. Dans le film, tout le monde est heureux, la fête bat son plein, mais Justine et sa mélancolie font tout sauter. A Cannes, Von Trier signe un film que la critique adule et félicite, mais ruine tout avec ses propos maladroits sur Hitler, devient Persona Non Grata et perd peut-être une seconde Palme D'Or. Si on regarde bien, c'est un peu la même histoire. Et dans le film, Von Trier met en scène la mélancholie et son cortège d'absurdité et de nihilisme avec une force inégalable. Kirsten Dunst tient peut-être le rôle de sa vie, et elle en a vu pourtant. Charlotte Gainsbourg et Kiefer Sutherland sont merveilleux. Charlotte Rampling est acariâtre comme jamais. John Hurt est hilarant. Au delà du fait que le talent de Von Trier pour la direction d'Acteurs est intacte, on ressent que la psyché humaine est analysée avec acuité et réalisme. Et ce film en est la quintessence.

- Ben Voyons ...

- En tout cas, je le trouve. J'aime les films qui ont des personnages qui peuvent être réels, dont la psyché est développée. Et ce film en fait partie. Antichrist en faisait partie. Epidemic aussi. Dancer In The Dark aussi. Dogville et Manderlay aussi. Même Le Direktor, en un sens. Je ne sais pas si Von Trier a un problème émotionnel, je ne suis pas thérapeute, mais il sonde les émotions et les esprits avec un tact inégalable. Je ne sais pas si Melancholia est son meilleur, j'ai encore quelques doutes, mes préférés étant toujours Antichrist et Epidemic, mais toujours est-il, même si ça t'ennuie, que ce film est magnifique. Un Joyau.

- ...

- ...

- On pourra pas te faire changer d'avis, alors. Salut!

- Attends! J'ai bien aimé Harry Potter 7 - Partie 1 aussi ...

Melancholia : 19/20 (Pour l'instant)

De Lars Von Trier

Avec : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland ...

2011

Public Averti

27 septembre 2011

N°59 - Juste une mise au point sur le epic win de ma vie

Re-re-re-re-re-re-re-re-re-désolé pour cette absence, mais entre le Bac, les vacances consistant à l'enregistrement d'une nouvelle démo des Unemp' (Comme j'aime les appeler), le bordel administratif du nouvel établissement que je fréquente, l'acquisition d'internet dans ma chambre étudiante où je croupis et encore plein d'autres trucs top délire mais dont on se fout, ce qui rend mon énumération de précédemment totalement hors de propos et réellement inutile, cela fait longtemps que je n'ai pas mis les pieds dans mon espace personnel internetisé consacré au chroniquage de films, albums et autres comme ça me vient ...

Et pourtant, j'en ai vu récemment, des films au sujet fascinant, des films barrés, des albums bigarrés, des découvertes musicales flamboyantes, etc ... bref, j'en ai vu, du neuf, du beau, du moins beau, du bizarre, de l'XPerimental, des gens ... je m'en souviens comme du Vietnam, en 1946, devant les chars nazis, j'ai frôlé la mort, mes compagnins mourraient autour de moi. J'avais 7 ans à l'époque. On était des mômes. Je me souviens d'un bleubite qui bouffait sa propre couche pour survivre, je me souviens de têtes tranchées des prisonniers des deux camps, on ne savait plus lesquels étaient à nous, je me souviens de l'horreur, je me souviens de l'horreur, des couteaux de lancer de Jackson quand on était sur le front ouest, de l'horreur, des chiens que nous étions, des kilos de neige sous nos rangers et de l'horreur. Je ...

Bref.

Y aura peut-être du neuf.

09 août 2011

Lightning Bolt - Ride The Skies (Live at ATP)

Petite vidéo d'un moment hallucinant, le final du set du groupe Lightning Bolt au Festival All Tomorrow's Parties 2009. Avec en sus, Afrirampo qui gâche la vue. Attention aux Epileptiques. Et aux Oreilles Sensibles. Et aux Epileptiques aux Oreilles Sensibles.

 

08 août 2011

King Crimson - Larks' Tongues in Aspic

Kingcrimsonlarks

Spéciale dédicace à tonton Koa ...

En 1973, King Crimson sortait un album et démarrait un trilogie (Dite "trilogie métallique") qui se poursuivra avec les deux albums suivants, Starless in Bible Black et Red. Cet album a la particularité de déchirer sa race. Il s'agit de Larks' Tongues in Aspic. Alors, bon, quoi que qu'est-ce donc que cela.

Déjà, à noter que la structure est un peu la même que Wish You Were Here du Floyd, sorti deux ans plus tard. Un grand morceau au début et à la fin de l'album (Divisé comme cela pour des raisons de place sur le vinyle, souvent), puis des morceaux plus petits entre. Ici, le plat de résistance n'est pas des moindres, il s'agit du titre éponyme (Qui sera poursuivi après sur les albums Three of a Perfect Pair et The ConstruKction of Light) qui démarre avec des petits carillons et des petites percussions apaisantes, un démarrage tout en douceur et en calme ambiant ... pour mieux te défoncer la gueule avec l'arrivée de violons menacants, des drones guitarresques (WTF?) puis d'un roulement de batterie monstrueux qui ouvre réellement les hostilités.

Dès le départ, on se prend une immense claque dans la mouille. La partie un du morceau Larks' Tongues in Aspic est toute en montées, en rythmes saccadés et en stress. Ces violons vont vous hanter toute votre vie. Le morceau oscille entre inquiétude (la section violon-drones-roulement) et explosions (le "thème"), avant de partir, après un petit break de Robert Fripp à la gratte (la tête pensante du KC, bande de moules) sur un mélange halluciné entre rythmique presque funky mais avec une certaine bizarrerie à l'extérieur (la basse et la gratte se sont étrangement arrangées pour sonner le plus sur le fil possible). On sent pas mal d'influence Jazz-Fusion dans les sonorités de ce morceau. Puis après une nouvelle section tendue, retour au calme d'un violon en fond, plus amical apparemment. Toujours plusieurs bruits ambiants ... mais le thème revient, encore une fois, et on retourne à ce chaos approximatif, mélodieux mais pas trop non plus ... ainsi s'achève la première partie.

Vient le morceau le plus court de l'album (A peine trois minutes!), Book of Saturday, qui inaugure des VOIX! En l'occurence, celle de John Wetton, le bassiste. Ce morceau est beaucoup plus apaisé, plus psychédélique aussi d'une certaine manière. Presque formaté pour la radio, en somme. Et c'est pas plus mal.

Puis, une introduction assez étrange nous amène à Exiles, un morceau plus acoustique, un peu dans la même veine que le précédent, mais plus ambitieux (La durée a doublé) et nous permet d'apprécier la voix de Wetton, qui est excellente. Un morceau très mélodieux, étrangement très loin de l'introduction de l'album. Mais au moins, ceci fait de cet album un album diversifié tout en restant ancré dans King Crimson. Car ces morceaux ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres du début (Je pense, nottamment, à IU talk to the Wind de In the court of the Crimson King) ...

Easy Money est plus enjoué et plus menaçant déjà. Plus expérimental egalement, mais a parfois du mal à tenir la longueur. On peut quand même apprécier son coté lancinant et ses percussions excellement ciselées (c'est une constante dans cet album, ceci dit). Puis vient un morceau presque hors de propos, mais tout bonnement excellent : The Talking Drum. Il met du temps à démarrer franchement (2 minutes environ) mais à un côté tribal avec ses percussions, sa basse répétitive et ses parties mélodiques qui vont crescendo. On commence à à nouveau approcher le mystique comme on pourrait le faire avec l'éponyme première partie. Le morceau est de plus en plus puissant, de plus en plus shamanique ... même si j'ai quand même beaucoup de tendresse pour l'éponyme, ce morceau est mon favori.

Et alors qu'on se dit que l'on ne peut pas aller plus loin dans l'hypnotisant, dans la puissance, directement enchainé, sans préavis, la monumentale conclusion de Larks' Tongues in Aspic et de l'album. sept minutes pour vous achever.

On a des réminiscences du thème de la première partie. les rythmes (Inspirés de Stravinsky dans cette partie, figurez-vous) sont saccadés et vont crescendo. Cette partie oscille encore entre calme inquiétant et tempête sonique, mais ici, c'est porté à son summum. Si les percus sont plus effacées, les montées en puissance sont à l'avenant. Plus le morceau avance, plus on va plus haut. Un violon craque, la batterie devient plus dure à chaque coup. On est face à quelque chose de grandiose. Rarement le rock prog aura été aussi puissant, sonorement parlant. Le volume augmente, le morceau s'effondre au final sur lui-même, dans une déferlante qui s'approche presque du bruit blanc. Le final est absolument ahurissant. Puis, la fin. La basse qui résonne un peu avant de s'effacer.

Et c'est tout.

Et c'est énorme.

Larks' Tongues in Aspic, malgré un morceau un peu anecdotique (Easy Money), est un sommet du King Crimson et du rock prog en général. Il a un titre épique et surpuissante (Larks' ...), des passages plus apaisés et mélodieux (Exiles, Book of Saturday) et un morceau quasi-mystique et tribal (The Talking Drum). Un chef d'oeuvre. Rien de plus.


03 août 2011

Kes

kes

Billy Casper vit dans les quartiers ouvriers, mène une vie dure entre son boulot de livreur de journaux, son frère qui le martiryse et l'école, où il doit subir les brimades de ses professeurs et de ses camarades. un jour, il se découvre une passion, la fauconnerie, et décide d'élever un faucon entre ses heures : il se nommera Kes.

En 1969, le cinéaste anglais Ken Loach lancera sa carrière avec un film bouleversant, qui suit les déboires d'un jeune garçon tentant de s'en sortir. Ce film est la quintessence du "style Loach", celui qui transparaîtra dans sa carrière à suivre. Un cinéma proche des petites gens, un cinéma social, engagé et sans artifices.

Sans aucun temps mort, ce film déroule les moments les plus durs (Notamment une scène dans les vestiaires de l'école, où le professeur de sport, ayant perdu son match car Billy n'était pas bon, ouvre le robinet des douches au plus froid, par pure vengeance ; ou quasiment toutes les scènes avec son frère) mais aussi l'évolution que lui apporte l'élevage de Kes, ce qui attirera même l'attention d'un de ses professeurs. Alors que beaucoup considèrent Billy comme un incapable, on se rendra compte qu'il a une soif de connaissance que certains ne peuvent absolument pas comprendre, son frère en particulier.

Drame hyper réaliste, joué à la perfection par David Bradley (Rien à voir avec celui qui jouera dans la saga Harry Potter ou, pour relever le niveau, dans Another Year), 16 ans à l'époque, réalisé par un Ken Loach au sommet de son art et une distribution d'inconnus au poil. Ce film est excellent d'un bout à l'autre, parfois cruel, mais toujours réel. Bouleversant.

Kes : 18.5/20

De Ken Loach

Avec : David Bradley, Freddie Fletcher ...

1969

Tous publics.

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26 juillet 2011

NoMeansNo - Wrong

wrong

"Have you heard the news? The dead walk!"

Nous sommes en 1989 et sans que les gens ne le sachent, le punnk avait été révolutionné définitivement. Au Canada. Alors que des groupes (californiens pour beaucoup) comme NOFX, Lagwagon ou autres allaient émerger (Notez que je n'ai pas cité Green Day, car je n'ai pas perdu mon âme ...) pour éclater en 1994 avec un punk aux riffs acérés qui explosera auprès du grand public ; pendant ce temps là, un trio créa un des piliers du punk. Il s'agit du groupe NoMeansNo.

Auparavant, quelques EPs et LPs de fort bonne facture avaient fait surface, mais là, le groupe nous sert tout simplement un album quitessentiel, au même niveau qu'un Fresh Fruit ... des Dead Kennedys ou un album des Clash. Ceci est Wrong. Et dès l'intro It's Catching Up, on se prend une production en pleine gueule. Ca sonne heavy, la basse de Rob Wright (Qui est également le chanteur) claque, la guitare de Andy Kerr est à l'intraveineuse, et la batterie ultime de John Wright (Oui, ils sont frères ...) résonnent pour une claque sonore (A noter qu'à la même époque sortait Mother's Milk des Red Hot, dont nous connaissons tous la production en forme de blague, alors qu'ils avaient définitivement plus de pognon que NoMeansNo. Je dis ça comme ça), et putain, putain, c'est vachement bien. Les canadiens, dans ce premier morceau joue un punk neurasthénique qui joue avec nos nerfs avec des montées, des descentes, des changements de rythmiques hallucinants.

Puis vient The Tower, bien plus lourd, presque sludge sur les bords. C'est gras, c'est violent, mais non pas dénué d'un certain décalage dans les hurlements de ce refain minimal. En deux morceaux, deux claques. Rassurez-vous ... ça ne s'arrêtera que lorsque vous serez décédé. Puis vient le succint mais surpuissant Brainless Wonder ... c'est comme si King Crimson avait décidé de faire du punk ... jugez-le par vous même.

Voilà, deux morceaux d'une trempe extraordinaire puis un quasi-instrumental de toute beauté. Puis, toujours plus loin dans la neurasthénie jouissive, le totalement foutraque Tired of Waiting. Jazz, punk, metal ... on ne sait plus, a noter que c'est le guitariste Andy Kerr qui chante. Le texte est absolument ahurissant et hilarant.

La suivante, Stocktaking, a presque des accents de rockabilly sous acide dans un blender. Le riff de basse est juste parfait. A noter la grande place qu'occupe la basse dans ce groupe, basse métallique et d'une grande précision. La guitare est là juste où il faut, et la batterie est également virtuose. NoMeansNo nous prouve avec cet album qu'on peut faire du punk et être des foutus techniciens qui te font chier du sang en même temps ... désolé, c'est affreux ...

Et là, my personal favourite, The End of All Things, stressé, apocalyptique et en même temps, presque joyeux ... c'est presque pas juste. Tout est parfait dans ce morceau. La rythmique est soutenue, le riff est excellent, le chant est barré et complètement décalé, dans le bon sens du terme, la structure est toute en polyrythmie ... Dieu que c'est jouissif! Il n'y a pas de mots ... écoutez-là.

Puis on continue dans l'achèvement de l'auditeur qui n'a pas fini d'en baver devant tant d'excellent. Le soutenu Big Dick et son riff de basse funky font tout à fait mouche, puis est suivi du foutage de gueule Two Lips, two lungs and one tongue est son arrêt totalement gratuit (Qu'ils font durer encore plus longtemps sur scène). On sent que NoMeansNo s'est amusé à faire cet album, qui contient des textes à la fois nihilistes et cyniques, des compos pointues et techniques, mais aussi un humour absurde et décalé qui rend le tout encore plus excellent.

Puis, un autre morceau qui fleure bon le rockab version NoMeansNo, Rags & Bones, qui est presque fédérateur. Tout le monde peut trouver dans ce morceau ce qui lui plait. Y a des couplets ravageurs, un refrain aux choeurs harmonieux et mélodiques, un pont tout en hystérie-un-peu-retenue-quand-même, un break hip-hop ... y a tout dans ce morceau!

Puis, my second personal favourite, Oh No! Bruno!, qui est headbangant au possible, sautillant, mais aussi superbement composé et produit, tout en excès jouissif, car "too much is not enough" jusqu'à ce final coplètement gratuit, agressif et sans raison. Jusque un gros "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUGH".

Puis vient la fin de l'album tel qu'il a été présenté au départ, un autre monument (Oui, encore), sur un des thèmes favoris du groupe : le mensonge. Le titre est All Lies. Et c'est une autre facette ... presque plus atmosphérique après toutes ces agressions. Le titre dure 6 minutes (Oui, un morceau de punk qui fait 6 minutes ...) et est absolu. Il est classe, les roulements de batterie sont magistraux ... ce morceau est d'une classe absolue.

Mais ce n'est pas tout. Car en réalité, il y a encore deux morceaux : d'abord, my third personal favourite, Life in Hell, au riff parfait et à l'ambiance maléfique et hilarante en même temps. C'est le chaos total, le chaos monumental ... chef d'oeuvre, là aussi.

Puis, le presque expérimental I am Wrong, d'une durée fleuve de 7 minutes qui part dans le psychédélisme par moments. Avec beaucoup de répétitions, le morceau devient plus lancinant, plus obsessif ... je ne vous le mets pas mais ils est excellent également. Mais si je devais mettre une vidéo de tout ce qui est excellent dans cet album ... ben je devrais tout mettre ... et là, déjà, j'en ai mis un peu trop ...

Bref, voilà donc ce chef d'oeuvre du punk (On parle de punk progressif, ça tend vers l'oxymore, mais dans le cas de NoMeansNo, ça n'a jamais été aussi vrai). Ruez vous dessus à tout prix. Ceux qui n'aiment pas le punk y trouveront leur refuge, et ce qui adorent le punk aussi. C'est juste un foutu chef d'oeuvre du rock! Et de la musique! Et personne ne l'a remaqué! Et NoMeansNo n'est connu que par peu de gens initiés! Alors, toi aussi, fais ta BA, même si tu n'aimes pas, parles-en, car il faut que les gens prennent conscience que le punk n'est pas mort. Car NoMeansNo, malgré leur age relativement avancé, tourne toujours! Et si NoMeansNo n'est pas mort, alors le punk non plus!

Puis y a Fugazi aussi ...

21 juillet 2011

Manderlay

mander

Grace s'est enfuie de Dogville grâce à son père et ses gangsters, mais à cause d'un contretemps, ils doivent faire halte en Alabama, devant la plantation de Manderlay. Soudain, une ouvrière vient demander de l'aide car un certain Timothy, esclave de sa nature, va subir les fouets ... Grace va devoir faire face à un endroit étant un siècle en retard, où l'esclavagisme règne encore, et va tenter de changer cela ...

Deuxième volet de la trilogie dite "USA - Land of Opportunities" de Lars Von Trier, à ce jour inachevée, Manderlay garde le concept de décor minimal mais change d'actrice. Nicole Kidman, pour des raisons d'emploi du temps (Et peut-être aussi le fait que Björk lui aie dit que Von trier allait manger son âme ... véridique!) cède sa place à Bryce Dallas Howard, et il faut avouer qu'elle s'en sort honorablement. Le jeu de l'actrice est sans failles, sans tomber dans la facilité. Une excellent performance.

Mais alors, est-ce le même film, mais plus court et avec une actrice différente? Pas du tout. Il n'y a aucune redite. Au contraire, Manderlay pousse plus avant. Ici, c'est le fait d'arriver pour régler un souci. Grace, à la vue du sort des noirs de Manderlay, est scandalisée et veut absolument redonner à ces hommes la liberté. "On les a faits, c'est de notre faute" rétorque-t-elle à chaque fois. Mais ceci ne va pas se faire sans encombre.

Ici, on parle d'imposer la liberté. Evidemment, on peut faire le parrallèle avec le conflit en Irak, mais plus généralement, Von Trier évoque le fait d'instaurer chez les autres ce qui est "bon", du moins de nos points de vue. C'est un paradoxe politique, évidemment, mais aussi social. Un exemple maladroit : certains croyants sont persuadés que les athées ou les agnostiques sont hors du chemin et veulent absolument les sauver car sinon, pour eux, ils iront en enfer, et ce jusqu'à devenir relativement obsédés par cette quête. Mais ne serait-ce pas aussi pour se donner bonne conscience auprès de leur Dieu, ne serait-ce pas intéressé?

Dans Manderlay, on se pose également la question : Grace veut aider les esclaves de Manderlay à recouvrer leur liberté, mais n'est-ce pas plutôt pour se donner bonne conscience après les évènements de Dogville? Là est le problème exposé par ce film, et le final, absolument ahurissant de brio, est à l'avenant.

Au final, Manderlay est une suite que je considère comme meilleure que la précédente, tant le scénario est pointu, passionnant, tant la mise en scène est brillante et tant la distribution (Qui comprend quand même Lauren Bacall, Willem Dafoe Danny Glover, Isaach de Bankolé puis les habitués Udo Kier et Jean-Marc Barr notamment) délivre une prestation excellente.

Grand film de la part de LVT. Encore. Oui, je sais, je suis chiant avec ça mais c'est mon ressenti, et aux dernières nouvelles, c'est mon blog, je fais ce que je veux, non mais ...

Manderlay : 19/20

De Lars Von Trier

Avec : Bryce Dallas Howard, Isaach de Bankolé, Danny Glover, Willem Dafoe ...

2006

Interdit aux moins de 12 ans.

14 juillet 2011

Godspeed You! Black Emperor - Yanqui U.X.O

GYBEYUXO

Ca commence par un petit : "You're rollin'" discret en fond, puis une guitare avec un effet tremolo joue une petite mélodie ... au fur et à mesure, la mélodie voit s'attirer des cordes, des cymbales puis plus de guitares ... le son prend de l'ampleur, on se doute que l'on a affaire à quelque chose de grand ...


Nous sommes en 2003, le groupe de Post-Rock Godspeed you! Black Emperor signe son 5ème opus (3ème LP) et leur plus engagé. Son nom, énigmatique, évoque les mines antipersonnel américaines, et la pochette est à l'avenant. On sait déjà que le groupe est engagé (En insérant des samples dans leur musique), mais vous ne trouverez pas de samples dans cet album. Et c'est ceci qui le rend encore plus puissant.

Car même si les trois titres de cet album sont instrumentaux, ils sont pour autant toujours empreints de la rage de l'ensemble canadien conduit par Efrim Menuck. Cet album est une symphonie en trois actes de la fin d'un monde. Mais une fin du monde qui ne serait pas dramatique comme dans les films, juste fataliste. Elle est, tout simplement. La pochette en est représentative, la fin du monde est violente. Mais ce n'est pas la peine de pleurer sur son sort, ou de chercher à s'en sortir, il n'y a pas d'issue. Autant regarder ça en face ...

D'abord : 09-15-00, divisé en deux parties sur le disque, part d'une mélodie mélancolique à la guitare, qui prend de plus en plus d'ampleur pour déboucher sur un tonnerre monstrueux de cordes, soutenus par une basse définitive, les bombes commencent à tonner. Puis le feu se retire, s'éloigne, pour mieux revenir ... la tension monte, le violon s'affolle, les guitares trillent ... ce morceau est la définition d'épique en musique. Après cette deuxième explosion toute en tension, larsens et violon ; puis, soutenus par des coups de charleston, on constate les dégâts ... la désolation règne, mais pour autant, on ne désespère pas, on encaisse juste. Un constat, seulement. Fin du premier acte.

Rocket Falls on Rocket Falls démarre sur un riff répétitif de guitare, suivi par le violon, puis les autres guitares ... la répétition se fait plus envahissante, comme si le feu nourri précédant se répétait inslassablement, comme une preuve d'une folie ambiante, une sorte de ressassement ...

Plus ça va, plus on prend de l'ampleur, la puissance croît inlassablement, pour s'achever dans un chaos irrespirable mais presque rassurant, comme si plus rien ne pourrait arriver de pire. On se sentirait comme entrant dans un champignon atomique. C'est synonyme de mort, mais finalement, c'est toujours mieux que de se trouver dans les radiations, et de souffrir longtemps. Autant foncer tête baissée vers l'infini. Pas de regrets, pas d'amertume. Tout s'effondre, tout s'échappe. Mais quelque chose nous attend à l'autre bout. La pression descned, les cuivres sifflent, les timbales ronronnent ... et c'est un furtif espoir qui conclut la deuxième pièce de cet album organique, fataliste mais pas désespéré.

Enfin, la dernière pièce de cet album monumental, Motherfucker = Reedemer, est entraînante, le rythme est soutenu, comme si maintenant que tout était rasé, tout était à refaire. Si l'on a atteint un paroxysme, rien n'est achevé pour toujours, même dans l'absolu chaos. Dans la première partie, les sonorités finales sont plutôt rassurantes, posées, calmes ...

Dans la deuxième partie, une basse chaude pose les bases tandis qu'au loin, des violons tremblotants de froid et des guitares trop lointaines pour être claires, émanent des sons duveteux. Puis la batterie apporte une autre souffle, le rythme s'accélère, tout s'accélère, une superposition de sons, un tsunami sonore, toujours plus imposant et majestueux, finit par s'effondrer à moitié aux alentours des 7 minutes de la seconde partie de l'acte final, maintenu seulement par deux guitares qui le remontent sur pied.

L'avancée devient intenable, le thème du début se fait vaguement entendre, le tsunami finit par s'effondrer définitivement dans une pluie de larsens et de drones chauds et duveteux, accompagnés de violons. Puis, dans un dernier souffle, tout s'approche pour un ultime retour. Coupé. Plus rien.

Le vide.

Pour finir, cet album est une quintessence du post-rock, un album monumental, fascinant, hallucinant. C'est très dur d'y rester indifférent. Il représent toute la classe de la musique de Godspeed You! Black Emperor, une pallette d'émotions toutes plus intenses les unes que les autres. Un très très grand album.

NB : Cette chronique a été rédigée avec, justement, l'album dans les oreilles ...

 

09 juillet 2011

Videodrome

videodrome

Max Renn dirige une chaine de télévision aux programmes à caractère érotico-pornographiques sur le câble, mais cherche à trouver quelque chose de plus "hard", de plus sensationnel. Un collègue pirate audiovisuel détecte un jour un programme nommé Vidéodrome, qui montre des scènes de meutres et de sévices. Renn est convaincu qu'il a trouvé la pépite qui fera décoller sa chaîne, mais Videodrome cache bien des secrets peu recommendables.

Allez, on reprend le rythme avec un film qui démonte sa race en queue d'alligator forci aux endorphines ballistiques. Cette fin d'année a été un win total, c'est la pause, on reprend.

Alors ...

Vidéodrome. Un des films qui lancera véritablement la carrière de Cronenberg, avec Scanners. Déjà, on sent la "patte" dans son scénario : mélange de sexe (rappelez vous Crash, Frissons et, dans une moindre mesure, Le Festin Nu), de médias (ExistenZ reprendra le flambeau une quinzaine d'années plus tard sur le thème des jeux vidéos) et évidemment, de chair et de sang. Et on peut dire que Videodrome est un des films emblématiques de Cronenberg, tant ces univers s'entremêlent dans l'histoire de Max Renn.

Il y a dans ce film un constat de la perversion, mais aussi et surtout de la manière dont les médias s'en servent. Max Renn est un petit patron arrogant qui se sert de ce qui excite sexuellement l'auditoire pour faire son beurre, il cherche à trouver toujours plus déviant, toujous plus hardcore ... et pense avoir trouvé l'idéal. La question est : jusqu'où peut-on aller? On peut éventuellement rapprocher ce film de C'est arrivé près de chez vous dans la manière dont il évoque les médias. Et finalement, Videodrome est la quintessence de ce qu'ils cherchent : ils ont une incidence physique sur les téléspectateurs, à travers les hallucinations et la "tumeur" que ce programme provoque.

La réalisation de Cronenberg est ample et dynamique, et les effets spéciaux déroutants (La fameuse scène où Renn entre sa tête dans sa télé, ou encore quand sa main fusionne avec un pistolet), ce qui nous plonge dans la tête de Max Renn, magistralement interprété par James Woods. Tout comme dans ExistenZ et Le Festin Nu, on est perdu dans les méandres d'un homme qui vit dans un fantasme, une hallucination, à chercher ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas ...

Film labyrinthique, fascinant, un film qui ne laissera pas indifférent.

Videodrome : 18/20

De David Cronenberg

Avec : James Woods, Deborah Harry ...

1983

Interdit aux moins de 12 ans

Posté par shauni81 à 19:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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