antipop

Voici un cycle musical! En effet, je vais parler, à rebours, des albums du merveilleux groupe nommé Primus. Pour commencer, voici leur dernier album (En date! Ils se sont reformés avec leur batteur originel Jay Lane récemment), Antipop, souvent décrié comme l'album de Primus le plus commercial. Il est vrai que cet album est plus facile d'accès que des albums comme Sailing the Seas Of Cheese ou surtout Pork Soda (Qui reste à mes yeux leur album le plus noir et le plus étrange).

Pour cet album, le trio emmené par le bassiste-chanteur-héros Les Claypool s'entoure de nombreux amis pour produire ou aider à la composition, des gens comme Tom Waits (Un ami de longue date), Tom Morello, James Heitfield, Matt Stone (Le mec de South Park, dont Primus a composé la chanson du générique, je vous le rappelle), Jim Martin (De Faith No More) ou encore Fred Durst (De Limp Bizkit). Bref du beau monde pour seconder Claypool, LaLonde et Mantia.

Dès le début, avec Electric Uncle Sam, lancée par l'intro et la voix de Waits, ça pète. Primus is back! And they suck! Ce premier morceau pète comme du pop corn qu'on aurait trop fait choper. C'est bien simple, c'est une invitation au headbanging! Et pour une ouverture, on trépigne d'envie de voir la suite! Après un Natural Joe lancinant et sympatique pour son côté funky et crade, arrive Lacquer Head.

Sans doute un des trois piliers de l'album,ce morceau à la ligne de basse dévastatrice et rythmique envoie tout valdinguer par son ambiance étrange ... à la Primus! Entre psychédélisme foutraque et funk-metal atomique, ce morceau fera baver pas mal de bassistes et pas mal d'auditeurs ... arg!

Puis un son angoissant de cloche et c'est le morceau éponyme. The Antipop. Là encore, la ligne de basse vous fera baver et l'intro strange et les couplets chirurgicaux vous délecteront l'oreille. Puis, là, on change totalement de style avec le second pilier ... le merveilleux Eclectic Electric, avec Jim Martin et James Heitfield en guests guitarreux tandis que Larry Lalonde va toucher du synthé un peu ... il faut savoir qu'avec sa Frog Brigade, Les Claypool a l'habitude de reprendre du Floyd (Et a repris Have a Cigar sur l'album Miscellaneous Debris)  et là, l'ambiance est psychédélique, comme si d'un seul coup, la violence funky des cinq premiers morceaux avaient laissé place à un morceau calme et ambiant ... dans sa première partie. En trois actes, ce morceau (Le plus long de l'album) explose dans sa seconde partie, pour s'achever dans un chaos total au final. Bijoueux au possible.

Après s'être remis, voilà qu'une ambiance indo-orientale s'installe. Greet the sacred cow! Tous les ingrédients reviennent, le slap Claypoolien dans toute sa splendeur, le rythme écervelé de "Brain" Mantia et les hurlements de la PRS de "Ler" LaLonde. Un morceau efficace et sympatique, tout comme l'électrique Mama didn't raise no fool, qui n'est pas sans rappeler le style de RATM ... en même temps, Morello est de la partie. Après l'aquatique Dirty Drowning Man et sa basse excitée et ses choeurs féminins duveteux (Martina Topley-Bird, qui a travaillé avec Massive Attack et Tricky) et l'entraînante Ballad of Bodacious, qui a parfois des relents de Kalamazoo (Du Brown Album) qu'on aurait démonté avec un taureau. Puis vient le miracle Power Mad.

Une ligne de basse légendaire (Une des plus efficaces de Claypool pour moi), des paroles inspirées (Military show is Blastin' off to Kosovo. Military show with lightning speed. Sensitivity? Oh, just a rusty nail in the corporate show. How many stabs before we bleed?) et une structure à couper le souffle. Un morceau énergique, qui est pêchu, engagé et moelleux. Puis un nouveau passage par la case psyché avec The Final of the Liquid Sky, qui est un mélange de bouillonnements basseux et d'explosions au napalm. Et puis, le final, le totalement Waitsien Cottails of a Dead Man, dont on a entendu un extrait auparavant (Ils nous ont déjà fait ce coup là sur Pork Soda avec Pork Chop's Little Ditty) et qui clôture la polka psychédélique avec le mellotron de Waits, la voix de Martina Topley-Bird qui revient encore un coup, et la lancinante rythmique d'un Primus qui allait se séparer pour se reformer en 2003 pour se re-reformer différemment en 2009. Que dire? Primus crée un album diversifié, touchant à tout ce qui les inspire, funk comme progressif.

Primus sucks!

penguins