videodrome

Max Renn dirige une chaine de télévision aux programmes à caractère érotico-pornographiques sur le câble, mais cherche à trouver quelque chose de plus "hard", de plus sensationnel. Un collègue pirate audiovisuel détecte un jour un programme nommé Vidéodrome, qui montre des scènes de meutres et de sévices. Renn est convaincu qu'il a trouvé la pépite qui fera décoller sa chaîne, mais Videodrome cache bien des secrets peu recommendables.

Allez, on reprend le rythme avec un film qui démonte sa race en queue d'alligator forci aux endorphines ballistiques. Cette fin d'année a été un win total, c'est la pause, on reprend.

Alors ...

Vidéodrome. Un des films qui lancera véritablement la carrière de Cronenberg, avec Scanners. Déjà, on sent la "patte" dans son scénario : mélange de sexe (rappelez vous Crash, Frissons et, dans une moindre mesure, Le Festin Nu), de médias (ExistenZ reprendra le flambeau une quinzaine d'années plus tard sur le thème des jeux vidéos) et évidemment, de chair et de sang. Et on peut dire que Videodrome est un des films emblématiques de Cronenberg, tant ces univers s'entremêlent dans l'histoire de Max Renn.

Il y a dans ce film un constat de la perversion, mais aussi et surtout de la manière dont les médias s'en servent. Max Renn est un petit patron arrogant qui se sert de ce qui excite sexuellement l'auditoire pour faire son beurre, il cherche à trouver toujours plus déviant, toujous plus hardcore ... et pense avoir trouvé l'idéal. La question est : jusqu'où peut-on aller? On peut éventuellement rapprocher ce film de C'est arrivé près de chez vous dans la manière dont il évoque les médias. Et finalement, Videodrome est la quintessence de ce qu'ils cherchent : ils ont une incidence physique sur les téléspectateurs, à travers les hallucinations et la "tumeur" que ce programme provoque.

La réalisation de Cronenberg est ample et dynamique, et les effets spéciaux déroutants (La fameuse scène où Renn entre sa tête dans sa télé, ou encore quand sa main fusionne avec un pistolet), ce qui nous plonge dans la tête de Max Renn, magistralement interprété par James Woods. Tout comme dans ExistenZ et Le Festin Nu, on est perdu dans les méandres d'un homme qui vit dans un fantasme, une hallucination, à chercher ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas ...

Film labyrinthique, fascinant, un film qui ne laissera pas indifférent.

Videodrome : 18/20

De David Cronenberg

Avec : James Woods, Deborah Harry ...

1983

Interdit aux moins de 12 ans