wrong

"Have you heard the news? The dead walk!"

Nous sommes en 1989 et sans que les gens ne le sachent, le punnk avait été révolutionné définitivement. Au Canada. Alors que des groupes (californiens pour beaucoup) comme NOFX, Lagwagon ou autres allaient émerger (Notez que je n'ai pas cité Green Day, car je n'ai pas perdu mon âme ...) pour éclater en 1994 avec un punk aux riffs acérés qui explosera auprès du grand public ; pendant ce temps là, un trio créa un des piliers du punk. Il s'agit du groupe NoMeansNo.

Auparavant, quelques EPs et LPs de fort bonne facture avaient fait surface, mais là, le groupe nous sert tout simplement un album quitessentiel, au même niveau qu'un Fresh Fruit ... des Dead Kennedys ou un album des Clash. Ceci est Wrong. Et dès l'intro It's Catching Up, on se prend une production en pleine gueule. Ca sonne heavy, la basse de Rob Wright (Qui est également le chanteur) claque, la guitare de Andy Kerr est à l'intraveineuse, et la batterie ultime de John Wright (Oui, ils sont frères ...) résonnent pour une claque sonore (A noter qu'à la même époque sortait Mother's Milk des Red Hot, dont nous connaissons tous la production en forme de blague, alors qu'ils avaient définitivement plus de pognon que NoMeansNo. Je dis ça comme ça), et putain, putain, c'est vachement bien. Les canadiens, dans ce premier morceau joue un punk neurasthénique qui joue avec nos nerfs avec des montées, des descentes, des changements de rythmiques hallucinants.

Puis vient The Tower, bien plus lourd, presque sludge sur les bords. C'est gras, c'est violent, mais non pas dénué d'un certain décalage dans les hurlements de ce refain minimal. En deux morceaux, deux claques. Rassurez-vous ... ça ne s'arrêtera que lorsque vous serez décédé. Puis vient le succint mais surpuissant Brainless Wonder ... c'est comme si King Crimson avait décidé de faire du punk ... jugez-le par vous même.

Voilà, deux morceaux d'une trempe extraordinaire puis un quasi-instrumental de toute beauté. Puis, toujours plus loin dans la neurasthénie jouissive, le totalement foutraque Tired of Waiting. Jazz, punk, metal ... on ne sait plus, a noter que c'est le guitariste Andy Kerr qui chante. Le texte est absolument ahurissant et hilarant.

La suivante, Stocktaking, a presque des accents de rockabilly sous acide dans un blender. Le riff de basse est juste parfait. A noter la grande place qu'occupe la basse dans ce groupe, basse métallique et d'une grande précision. La guitare est là juste où il faut, et la batterie est également virtuose. NoMeansNo nous prouve avec cet album qu'on peut faire du punk et être des foutus techniciens qui te font chier du sang en même temps ... désolé, c'est affreux ...

Et là, my personal favourite, The End of All Things, stressé, apocalyptique et en même temps, presque joyeux ... c'est presque pas juste. Tout est parfait dans ce morceau. La rythmique est soutenue, le riff est excellent, le chant est barré et complètement décalé, dans le bon sens du terme, la structure est toute en polyrythmie ... Dieu que c'est jouissif! Il n'y a pas de mots ... écoutez-là.

Puis on continue dans l'achèvement de l'auditeur qui n'a pas fini d'en baver devant tant d'excellent. Le soutenu Big Dick et son riff de basse funky font tout à fait mouche, puis est suivi du foutage de gueule Two Lips, two lungs and one tongue est son arrêt totalement gratuit (Qu'ils font durer encore plus longtemps sur scène). On sent que NoMeansNo s'est amusé à faire cet album, qui contient des textes à la fois nihilistes et cyniques, des compos pointues et techniques, mais aussi un humour absurde et décalé qui rend le tout encore plus excellent.

Puis, un autre morceau qui fleure bon le rockab version NoMeansNo, Rags & Bones, qui est presque fédérateur. Tout le monde peut trouver dans ce morceau ce qui lui plait. Y a des couplets ravageurs, un refrain aux choeurs harmonieux et mélodiques, un pont tout en hystérie-un-peu-retenue-quand-même, un break hip-hop ... y a tout dans ce morceau!

Puis, my second personal favourite, Oh No! Bruno!, qui est headbangant au possible, sautillant, mais aussi superbement composé et produit, tout en excès jouissif, car "too much is not enough" jusqu'à ce final coplètement gratuit, agressif et sans raison. Jusque un gros "AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAUUUGH".

Puis vient la fin de l'album tel qu'il a été présenté au départ, un autre monument (Oui, encore), sur un des thèmes favoris du groupe : le mensonge. Le titre est All Lies. Et c'est une autre facette ... presque plus atmosphérique après toutes ces agressions. Le titre dure 6 minutes (Oui, un morceau de punk qui fait 6 minutes ...) et est absolu. Il est classe, les roulements de batterie sont magistraux ... ce morceau est d'une classe absolue.

Mais ce n'est pas tout. Car en réalité, il y a encore deux morceaux : d'abord, my third personal favourite, Life in Hell, au riff parfait et à l'ambiance maléfique et hilarante en même temps. C'est le chaos total, le chaos monumental ... chef d'oeuvre, là aussi.

Puis, le presque expérimental I am Wrong, d'une durée fleuve de 7 minutes qui part dans le psychédélisme par moments. Avec beaucoup de répétitions, le morceau devient plus lancinant, plus obsessif ... je ne vous le mets pas mais ils est excellent également. Mais si je devais mettre une vidéo de tout ce qui est excellent dans cet album ... ben je devrais tout mettre ... et là, déjà, j'en ai mis un peu trop ...

Bref, voilà donc ce chef d'oeuvre du punk (On parle de punk progressif, ça tend vers l'oxymore, mais dans le cas de NoMeansNo, ça n'a jamais été aussi vrai). Ruez vous dessus à tout prix. Ceux qui n'aiment pas le punk y trouveront leur refuge, et ce qui adorent le punk aussi. C'est juste un foutu chef d'oeuvre du rock! Et de la musique! Et personne ne l'a remaqué! Et NoMeansNo n'est connu que par peu de gens initiés! Alors, toi aussi, fais ta BA, même si tu n'aimes pas, parles-en, car il faut que les gens prennent conscience que le punk n'est pas mort. Car NoMeansNo, malgré leur age relativement avancé, tourne toujours! Et si NoMeansNo n'est pas mort, alors le punk non plus!

Puis y a Fugazi aussi ...